Un caméléon. Après cinq années à trimballer son hang (percussion tonale ressemblant à deux woks en métal posés l’un sur l’autre) au sein du groupe de jazz Portico Quartet, le jeune songwriter anglais avait ressorti, début 2014, sa guitare acoustique pour lorgner les rives du folk. Son premier album solo, First Mind (Fiction/Universal), proposait des ballades hypnotiques et épurées, riches d’arpèges et de cordes pincées, non ces accords bêtement grattés par les bûcherons de bout de bois. Lui a biberonné au percussif et groovy jeu fingerstyle du fantasque guitariste écossais John Martyn. Cet artiste a du goût et de l’éducation (étudiant en musique à la Havane puis en ethnomusicologie à Londres), comme en témoignent ses originales partitions. Depuis, ce fan de Nick Drake, le colosse à l’âme d’argile (« Pour moi, c’est le patron, un truc réductionniste, une musique qui va à l’essentiel« ), mais aussi de Steve Raich et de Philippe Glass pour leurs structures répétitives, ne cesse d’écumer les clubs des capitales, guitare en bandoulière et folk songs sans frontières. L’un des rares alchimistes de la cour des miracles des « folkeux » actuels.
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