Voilà plus de 20 ans que ce studio de répétition et d'enregistrement situé au 38 rue de Rochechouart, dans le 9e arrondissement, est un lieu de passage de voisins mélomanes, musiciens amateurs et aussi professionnels. «Chilly Gonzales ou Jarvis Cocker sont déjà venus plusieurs fois répéter quand il viennent à Paris, ils fréquentent souvent le quartier » explique Nick Buxton, à l'accent british et à la bonne humeur latente lorsqu'il évoque son Manchester natal, « Moi et Liam Gallagher on est comme ça ».
Arrivé en France au début des années 90, Nick, qui joue de la guitare, fait la connaissance d'Olivier qui débarque de Suisse avec sa basse. Ils se côtoient et, rapidement, l'envie de trouver un lieu pour « partager leur matos » prend forme. Ils trouvent d'abord un local rue de Saint-Denis mais un an plus tard, en 1995, c'est bien dans cette sympathique cours de la rue Rochechouart qu'ils trouveront leur futur Studio Basement. « C'était un magasin de ski, d'où le décor un peu chalet, que l'on a gardé. On a quand même transformé un peu, mais en bas c'était une catastrophe, du coup on a fait des travaux. » Et de fil en aiguille et au fur à mesure, 6 studios de répétition et enregistrement et deux studios dédiés à la danse ou au théâtre se côtoient dans ces sous-sols du 9e. Quand on entre au Studio Basement, les amplis, instruments et autres objets collectors se partagent autour d'un café, Olivier nous l'affirme : « l'une de nos force c'est qu'on a une proximité, on est pas très grand mais on connait bien nos clients, on leur offre un café, on prend le temps de discuter car on a envie de développer cette relation, et surtout c'est important aujourd'hui d'avoir ce côté de proximité ».
Cette proximité, c'est exactement celle qui est développée à travers leur petite structure d'éditeurs French Fries Publishing. Des artistes et groupes comme Les Daltons, David Rosane, Gleb Bones, Stéphanie L. ou Louis Alphonso leur ont fait confiance et surtout, veulent leur donner un coup de pouce dans l'esprit Basement : « Nos moyens ne sont bien entendu pas ceux des majors ni même de certains labels, nous investissons bien plus personnellement en temps qu'en argent, parce que nous sommes heureux de penser que dans le domaine de la musique on peut encore avoir la foi ! » Tout est dit.
Ce quartier du 9e, en apparence calme - « anciennement bobo-pépère et bien plus actif aujourd'hui avec une population beaucoup plus liée à la création artistique » -, regorge de lieux aux alentours dédiés à la musique ; des magasins de la rue de Douai aux salles de concerts et cafés-concerts à Pigalle, mais ils restent assez seul dans le quartier pour quelqu'un qui cherche à répéter, c'est peut-être pour cela que leur public est assez varié, il y a ceux qui viennent depuis 20 ans ou « le banquier qui prend sa pause du midi pour venir se défouler » nous explique Nick non sans humour.
Un projet qui leur tient à cœur, et ils espèrent pouvoir le monter pour l'été prochain, monter une sorte de School Rock pour offrir un espace d'introduction à la musique et d'échanges « pour tous âges, des minis stages d'instruments, d'enregistrement ou de mixage et surtout, que les grands et les jeunes partagent ensemble ». Nicolas, qui fait partie de l'équipe depuis plusieurs années, nous confie une anecdote plutôt rigolote en relation à cette idée de partage : « les rappeurs de Sexions d'Assaut avaient commencé chez nous, ils étaient dans le quartier, ils avaient 13-14 ans, c'étaient des gamins et on leur faisait leurs premières maquettes, aujourd'hui je ne suis pas certain qu'ils s'en rappellent ».
Être au plus près des musiciens et donner envie de faire de la musique dans un esprit de proximité et de bonne humeur est sans aucun doute la tonalité de Basement et quand des décibels résonnent dans les sous-sols de ce quartier du 9e, c'est qu'ils ne sont pas loin.
BASEMENT PRODUCTIONS
38 rue de Rochechouart
75009 Paris, France
Tél : +33 1 44 53 06 39
www.basementprod.com